L'orage du 24 juin 1983

Le temps était magnifique en ce vendredi de juin et le village, les jeunes surtout, préparaient dans la joie les feux de la Saint Jean. Au cours de l'après-midi l'air s'alourdit faisant naître quelque inquiétude quant à la réussite de la soirée.
Une barre de sombres nuages fermait le ciel à l'ouest, le tonnerre, qui grondait dans le lointain, devenait de plus en plus audible.
L'orage éclata à 21h30.
Pour bien comprendre la suite je vous dois quelques explications topographiques.
Le vieux village de Fosses est situé sur les bords de l'Ysieux, petit ruisseau qui coule au fond d'une vallée à l'altitude de 75 m. La bords de la vallée sont assez abrupts puisque, en 250 mètres on monte de 25 mètres pour atteindre un plateau légèrement incliné qui culmine à 135 mètres. Le village s'est étendu sur ce plateau, un peu décalé à l'est, et a très vite grandi au cours des 10 dernières années et en 1983 nous étions au tour de 8000 habitants.
Cette croissance rapide a eu pour conséquence un sous dimensionnement du réseau d'égouts.
Donc, l'orage éclata à 21h30. Des trombes d'eau s'abattirent sur nous accompagnées de violents éclairs. Dans notre résidence de 33 pavillons les garages sont en sous sol; le regard n'arrivait pas à évacuer toute l'eau qui tombait sur les rampes d'accès nous obligeant à effectuer une noria de seaux afin de limiter les dégâts. Nous entendions les voisins faire de même. cela dura environ 1 heure et demi puis la pluie perdit de sa violence. Vers minuit j'allais parcourir les rues de la résidence. Bien que nous soyons au point haut de la ville il y avait bien 30 cm d'eau à l'entrée, je me demande même si les égouts, au lieu d'évacuer, ne refoulait pas l'eau.
De plus, toute la pluie tombée sur les champs au dessus avait ruisselé sur le ville et, se heurtant aux constructions, avait emprunté l'Avenue du Large transformant cette rue en un ruisseau qui venait frapper notre cité. Dans les 4 garages situés à l'entrée il y avait plus d'un mètre d'eau.

Les pompiers arrivèrent avec quelques vide-caves qui me rendirent personnellement service mais qui se montrèrent impuissants pour assécher les 4 garages de l'entrée. Ils firent venir une motopompe, puis 2, puis, ayant réalisé qu'il y avait plus de 250 m3 d'eau, demandèrent à Gonesse une grosse motopompe qui tourna jusqu'au matin.

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Dans le second garage se trouvait aussi un véhicule que les pompiers arrivèrent à sortir au cours de la nuit.
L'eau était arrivée à mi-hauteur du pare brise.

Le lendemain matin la pompe tournait toujours et le garage, si bien rangé d'habitude, offrait un aspect de désolation : tout était en vrac, le congélateur était renversé, etc.
Les 4 garages d'entrée offrait le même aspect.
La solidarité joua afin de sauver ce qui pouvait l'être, surtout la nourriture.

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