Une vie autour de 1800
Claude MIGNIERE est né à Ory le 4 octobre 1788. Je ne connais pas ses parents et je n'ai aucune idée de la façon dont se passa son enfance, je peux simplement supposer que, en fin de son adolescence, vivait de l'autre coté de la forêt, à Fosses, une jeune fille pour laquelle il ressentait une forte attirance. Nous étions vers 1810 et la jeune fille, Aimable Jacobine SAUVAL, avait été baptisée sous les auspices de St Etienne le 1 mai 1792.

 
Fosses était alors un tout petit village (162 habitants en 1840) mais possédait une école dans laquelle Aimable a peut-être appris à lire écrire et compter sous la férule d'Elie Poquet qui y fût maître 38 années durant. Ils se sont mariés à Fosses le 15/11/1815 et un an plus tard, le 25/11/1816, naquit leur premier enfant : Adélaïde, Aimable. Claude était ouvrier en balais et sa femme dentellière. Dès l'année suivante, le 22/06/1817 Adélaïde vit arriver un petit frère, Louis Antoine Siméon. Le couple quitta Fosses pour Ory puisque c'est dans cette commune que sont nés Adèle en 1821, Louis Philippe en 1823 et Louise Alexandrine en 1825.

 
On les retrouve à Fosses en 1829 et Claude attend son 6ème héritier ou héritière dans la tristesse car, le 28 juillet 1829, Adélaïde Aimable, l'aînée, les avait quittés à l'âge de 13 ans. La journée du 3 octobre 1829 a du paraître longue. Aimable souffrait les douleurs de l'enfantement, mais je suppose plus que de coutume. Ce n'est que 4 octobre, à 4 heure du matin, qu'elle mit au monde un enfant mâle mais sans signe de vie. Mais la souffrance continuait car le travail n'était pas terminé. Il lui fallut attendre encore 38 heures pour que Rosalie Julie vienne au monde le 6 à 6 heure du soir. Il semblerait qu'elle ait vécu.

 
Aimable, par contre, ne se relèvera pas et décédera 7 jours plus tard, le 12 octobre. Claude se retrouve veuf à 41 ans avec 5 enfants âgés de 7 jours à 12 ans. Et comme si cela ne suffisait pas, Louis Philippe meurt le 7 décembre 1829, à 6ans.

 
En 6 mois de temps Claude a enterré 2 enfants, sa femme et un enfant mort-né.
 
Dans ces cas là, à cette époque, un veuf ne restait pas longtemps seul. Il se remariât avec Marie Rosine LECOMTE de 15 ans sa cadette avec laquelle il aura encore un enfant, Victoire Aimée, née à Fosses le 25 mars 1832.
 
Mais le sort, le mauvais, n'était pas rassasié. 1832, sombre année pour nos Fossatussiens et leurs voisins. Un fléau les frappa, le choléra qui n'épargna pas la famille.

 
Le 25 juin 1832, Adèle succombe et, 3 jours plus tard, ce furent Louise Alexandrine et Claude lui-même, le même jour, le père et la fille.