La vie autour de 1700
Les récits de la vie à la cour sont nombreux ; mais comment vivait le peuple des campagnes loin des fastes de Versailles ? Quelles pouvaient être ses joies, ses peines, ses peurs ? Voilà ce que je vais essayer de résumer en regroupant les diverses informations que j'ai pu glaner au fil des lectures. Je ne prétends pas traiter le sujet de façon exhaustive mais simplement donner quelques indications sur ce sujet. De plus les conditions de vie changent d'une région à une autre, d'un village à l'autre et peut-être même d'une ferme à l'autre suivant l'importance de la basse-cour.
 
Bien des informations qui suivent sont extraites du livre "Les années de misère", de Marcel Lachiver aux édition Fayard. Cet ouvrage de presque 600 pages constitue une mine d'informations sur l'époque de Louis XIV. C'est un ouvrage fort utile à tous ceux qui s'intéressent à cette époque.

 
La maison :
Bien sûr les maisons riches étaient déjà bâties en pierre de taille. Mais le peuple habitait surtout des maisons constituées d'une ossature de bois remplie de torchis. Le toit était en chaume et le sol était le plus souvent en terre battue. La porte d'entrée était en bois, constituée de 2 panneaux pleins juxtaposés verticalement. On pouvait ainsi fermer le bas de la porte pour empêcher la volaille d'entrer tout en laissant le haut ouvert afin de faire entrer la lumière et sortir la fumée. La maison devait être sombre ; le vitrage de fenêtre n'est apparu que tardivement le verre étant cher et réservé à une élite argentée.
L'intérieur se composait d'une cuisine et d'une ou deux chambres. Dans la cuisine se trouvait le fourneau qui servait à la fois à cuire les aliments et à chauffer l'ensemble de la maison. La chambre était souvent commune avec des lits en alcôve ou comme en Bretagne, dans des placards. Ceci est bien sûr la description d'une maison pauvre et des équipements supplémentaires pouvaient exister suivant les moyens de l'habitant.
 
La nourriture :
L'aliment de base est le pain. Un adulte en consomme 3 livres (en gros 1,5 kg) par jour et un enfant de 5-6 ans une livre. Il faut comprendre sous le vocable de " pain " non seulement le pain de seigle ou de blé tel que nous le connaissons mais aussi les galettes de maïs et de sarrasin ainsi que la bouillie de châtaignes cuites dans l'eau ou dans le lait suivant les moyens. Le pain accompagnait la soupe obtenue à l'aide des légumes disponibles, poids secs, lentilles, fèves, carottes etc. mais pas de pomme de terre pas encore introduite en France. Si on est un peu plus aisé on peut y ajouter un peu d'huile ou de graisse voire une tranche de lard. Une tranche de pain était posée au fond de l'écuelle dans laquelle on versait la soupe ; on trempait la soupe. Voilà l'essentiel de la nourriture.
La viande était rare ce qui provoquait un manque en graisses animales. Il y avait aussi carence en vitamines provoquant des maladies comme le scorbut, la pellagre ou le rachitisme.
En plus de l'eau on boit du cidre ou du vin léger (piquette) car le vin de qualité est vendu.
En dehors des catastrophes climatiques la production de l'agriculture française suffisait amplement à nourrir les 22 millions d'habitants de l'époque ; on pouvait même exporter. Mais autour de 1700 la météo se montra fort capricieuse.
 
Vivre, un dangereux parcours.
Naître vivant était déjà un miracle. La mère accouchait assise aidée par une sage-femme " diplômée ". Eh oui, il fallait remplir un certain nombre de conditions pour être reconnue " matrone ". Il fallait déjà être d'un âge mûr, avoir eu des enfants soi-même et réussir un examen. Mr le Curé en était l'examinateur. Oh il se moquait bien de savoir si la postulante avait des notions d'hygiène ou de médecine. Il fallait surtout qu'elle soit bonne pratiquante et connaisse parfaitement le rituel capable de prodiguer un ondoiement valable au nouveau-né en danger de mort. Le reste était secondaire.
On ne s'étonnera donc point du nombre de mères mortes en couches. En cas de naissances multiples la mère est quasiment condamnée de même au moindre cas de complication. Le nouveau-né vivant n'était pas pour autant tiré d'affaire. Le jour même son père le sortait quel que soit le temps pour le faire baptiser. Cependant certains curés eurent l'intelligence d'éviter cette épreuve lors des grands froids en se rendant eux-mêmes au domicile des parents pour y pratiquer le baptême.
Les premiers jours de vie sont risqués ; les infections diverses telles que le tétanos ombilical, les infections pulmonaires en hiver et digestives en été, tuent un enfant sur dix dans la première quinzaine de sa vie. Viennent ensuite les maladies de la prime enfance, maladies aujourd'hui disparues, comme la diphtérie (le croup), variole, coqueluche etc. Tout cela réuni fait que seul 1 enfant sur 2 atteindra l'âge de 10 ans.
 
Maladies de l'adulte :
Le mode de vie et le manque d'hygiène explique la propagation des maladies contagieuses. Le linge des malades, souvent lavé dans un cours d'eau sans avoir été bouilli, contaminait les eaux Les déjections étaient jetées au fond du jardin dans le fossé qui se déversait dans le ruisseau, lequel ruisseau alimentait la fontaine du village qui donnait l'eau potable. Les puits, souvent peu profonds, étaient eux-mêmes contaminés. Les mouches en été étaient aussi un facteur de propagation des microbes.
La plus répandue est sans doute la typhoïde souvent nommée " fièvre putride " ou " fièvre maligne ". Sévissant souvent à la fin de l'été, elle explique les pics de mortalité notés en septembre. La dysenterie, encore appelée " cours de ventre " ou " flux de ventre ", va souvent de pair avec la précédente.
On trouve aussi les " écrouelles " forme ganglionnaire de la tuberculose. La légende voulait que le roi puisse les guérir en touchant le malade. N'était-il pas roi de " droit divin " ? L'ergotisme n'est pas une maladie mais une intoxication assez spectaculaire et qui mérite d'être décrite. L'ergot est un champignon toxique qui se développe dans la fleur de seigle et se retrouve dans les grains. Il provoque un genre de gangrène sèche ; les membres du malade se dessèchent, noircissent et tombent sans saigner. On peut en réchapper si la tête et le tronc sont épargnés. Et la médecine !
Pour parodier une phrase célèbre j'aurais envie de dire : " Gardez-moi du médecin, la maladie je m'en charge ".
Les préceptes de base étaient, suivant la phrase chère à Molière, " saignare et purgare ". Si ces principes pouvaient avoir quelque efficacité à la Cour où la plus grosse maladie était une alimentation trop riche, on imagine sans peine le résultat sur un malade sous alimenté. Heureusement les médecins étaient rares dans les campagnes et trop onéreux pour la population, ce qui fait écrire à Marcel Lachiver que les chances de guérison étaient supérieures en campagne en se contentant des tisanes.
Curieuse médecine alors que des opérations telle l'extraction des calculs dans la vessie ou les césariennes étaient courantes.

 
Deux grands prédateurs :
Ils sont deux, l'un précédant souvent l'autre puis presque toujours associés : le FROID et sa fille la FAMINE.
Le froid a lui tout seul est déjà un ennemi farouche. La maison est mal équipée pour lutter contre, le seul fourneau de la cuisine ne suffit pas à chauffer des pièces sans doute pleines de courants d'air. Quand on sait que l'eau gelait dans les carafes à la table royale de Versailles en 1709, on peut mieux imaginer ce que devait être le " confort " de la maison d'un manouvrier.
Nourrir la famille devenait un problème quasi insoluble. Le froid empêchait le manouvrier de travailler et comme la paye était journalière, pas d'argent pour acheter le pain ou la farine. Dans le potager les légumes étaient gelés et le sol durci interdisait tout arrachage. Dans les celliers les tonneaux éclataient. En quelques jours les prix s'envolaient. En 1709 le prix du pain à Gonesse a été multiplié par 7 ; non pas par manque de grain, les greniers étaient pleins des récoltes précédentes, mais par la conjonction de plusieurs causes. Les transporteurs ne voulaient pas risquer la santé de leurs bêtes sur des chemins verglacés et de toutes façons les moulins ne pouvaient pas moudre car les rivières étaient gelées. A cela s'ajoutait en outre des manœuvres spéculatives sur les grains que le pouvoir s'efforçait de limiter.
Poussés par la faim les hommes cherchaient des ersatz. On fit du pain avec des glands et du son, avec des racines de fougères ; ce dernier rendait le teint jaune et hommes qui en mangeaient étaient si faibles qu'ils pouvaient à peine tenir debout. On mangea les herbes sauvages ce qui provoqua quelques empoisonnements. Dans la région d'Ambert on mangea des chiens, des chats, des rats et il y eut même quelques cas de cannibalisme.
Quand la provision de bois, s'il y en avait une, était épuisée, il était difficile d'en racheter, son prix aussi étant devenu exorbitant. Le froid entraînait donc la famine.
Que faire ? Certains restaient cloîtrés dans leurs maisons transformées en glacière et on en a vu mourir de froid dans leur lit car on estime que la température pouvait descendre à -10° à l'intérieur. Il ne faut pas oublier que leur alimentation, pauvre en graisses animales, ne les aidait pas à supporter la rigueur du climat. On ne pouvait même plus invoquer l'aide de Dieu car le vin de messe gelait dans le calice.
D'autres partaient vers la ville en espérant trouver mieux. Beaucoup mourrait en chemin, comme en atteste les actes de sépulture, et ceux qui parvenaient à rejoindre la cité devaient vite déchanter. La vie était aussi difficile qu'à la campagne, les mendiants pullulaient et ceux qui n'étaient pas des habitants réguliers étaient chassés ou punis.
Une déclaration d'avril 1685 donne ordre aux mendiants qui ne sont pas de Paris de quitter la capitale sous peine de 1 mois de prison pour les hommes et 5 ans de galères en cas de récidive. Les femmes et filles de plus de 15 ans seront fouettées et mises au carcan, les filles de moins de 15 ans seront fouettées et enfermées.
Dans d'autres villes ils étaient chassés mais il leur était fourni un petit viatique, quelques sous et une ou deux livres de pain.
Il n'y avait pas que les hommes à souffrir du froid ; les animaux, domestiques ou non, mouraient aussi. Les chevaux et les bœufs payaient aussi leur tribut privant ainsi les familles de laboureurs et de charretiers de leur outil de travail. Si les bœufs fournissaient sans remord de la viande de boucherie, le dilemme était plus grand avec le cheval. A l'époque on n'en mangeait pas car on avait envers lui des sentiments proches de ceux éprouvés aujourd'hui envers le chien.
Un autre péril guettait aussi nos hommes ; le loup. Il y en avait une quantité assez importante qui, en temps normal, se contentait de manger quelques moutons, quelques chevaux, voire quelques bergers et bergères. Mais en période de froidure l'animal s'enhardissait et n'hésitait pas à pénétrer dans les villages pour attaquer l'humain. Certains auteurs estiment à 2 ou 300 personnes tuées chaque année par cet animal en France. On signale aussi des cas de transmission de la rage à l'homme provoquant la mort dans d'effroyables douleurs.

 
Les épidémies :
Indépendamment des épidémies saisonnières semblables à celles de nos jours, la maladie suivait presque toujours les grandes périodes de disettes. Sur cette population affaiblie par la faim les maladies dont nous avons déjà parlé faisaient des ravages. La notion de contagion était connue et pour éviter la propagation les morts étaient souvent enterrés sans passer par l'église, le curé procédant à une simple bénédiction, souvent sans cercueil ni linceul et parfois en mettant plusieurs corps dans la même fosse.
Les épidémies étaient aussi fréquentes en été, comme quoi la chaleur était presque aussi redoutable que le froid. A cause du manque d'hygiène la chaleur favorisait le développement des microbes favorisant l'extension des maladies. Ces épidémies étaient souvent limitées à un village. Ainsi l'épidémie de choléra a frappé Fosses en juin et Marly en août soit 2 mois plus tard. On peut supposer que l'approvisionnement en eau explique ce décalage, Marly ne buvant certainement pas l'eau de l'Ysieux a été protégée un certain temps.
 
L'agriculture :
Le travail de la terre demande des outils et une force de traction. La surface des exploitations était très variable, allant de plusieurs dizaines d'hectare à moins d'un hectare. Les plus grandes comportaient plusieurs fermes.
Le principal travail était sans doute le labour. Si la ferme était importante l'ustensile utilisé était la charrue ; équipée d'un soc en fer elle défonçait le sol sans retourner la terre. Les laboureurs moins fortunés possédaient une charrue entièrement en bois qu'ils avaient souvent taillée eux-mêmes dans une grosse branche. Dans nos régions ces charrues étaient tirées par des chevaux, des mulets ou des bœufs. Le cheval revenait le plus cher (harnais, nourriture, ferrage) et il en fallait 2 par charrues pour labourer un demi-hectare par jour à une profondeur de 15 cm. Le bœuf est plus puissant mais travaille moins vite. Le labour est plus profond mais la surface travaillée ne dépasse guère 20 ares par jour. Il revient moins cher en nourriture et le joug peut être fabriqué sur place à moindre coût.
Quand le cheval vieillit, il est mené à l'équarrisseur car on ne mange pas de la viande de cheval avant 1866. Le bœuf peut par contre être engraisser puis vendu pour la boucherie ce qui couvre à peu près l'achat d'un jeune.
Si l'exploitation est plus petite, le fermier ne possède souvent qu'un seul cheval. Il doit alors s'allier avec un autre qui se trouve dans le même état. Et si la surface est encore plus petite, le fermier n'a plus que ses bras. Il utilise alors la bêche ou la houe et retourne environ un are par jour, un travail soigné, profond de 25 cm, qui désherbe mieux que la charrue.
Les engrais étant inconnus la mise en jachère était une pratique courante. Seul l'apport de fumier enrichissait le sol mais la quantité de fumier produit était insuffisante. Les grandes exploitations possédaient un troupeau de moutons mis en pacage sur la jachère ; cela produisait de la viande de boucherie et fumait le terrain par la même occasion.
Mais que semait-on sur ces terres :
Principalement des céréales avec en tête le seigle.
Le seigle pousse bien même sur des terrains pauvres ; il pousse plus vite que le blé, donne une paille utilisable pour fabriquer des liens. Il se vend moins cher que le blé et donne une farine un peu moins blanche.
Bien sûr on sème aussi du blé dont les caractéristiques se déduisent à contrario de celles du seigle.
Ensuite viennent le méteil, mélange de seigle et de blé, le millet, le sarrasin, l'orge et l'avoine pour les animaux. Le maïs, récemment introduit en France, commençait à peine à se répandre en 1700. Peut-être y en avait-il déjà dans notre région.
Il y a aussi des cultures locales. A Fosses on a cultivé du pavot et des vesces produisant des teintures utilisées pour teindre les tissus fabriqués à Rocourt.
Le fermier cultivait aussi un jardin potager fournissant les légumes nécessaires à l'alimentation de la famille.
 
La moisson : Quand le temps des moissons était venu toute la famille du fermier était occupée, chacun à sa tâche. Les enfants préparaient les liens qui serviraient à lier les gerbes. Ces liens étaient fabriqués avec la paille du seigle (rappelez-vous la chanson : " j'ai lié ma botte avec un brin de paille "). Les hommes, et parfois les femmes aussi, " sciaient " les blés à l'aide d'une faucille équipée d'une lame dentée. Ils coupaient relativement près de l'épi afin d'éviter de récolter les mauvaises herbes et un moissonneur sciait une dizaine d'ares par jour. Le blé ainsi coupé était laissé 2 ou 3 jours sur le champ afin de sécher, puis était lié en bottes. Les bottes étaient mises en meules en fonction de la dîme. Si la dîme était d'un douzième, la meule comportait 11 bottes verticales coiffées par une botte horizontale. Quand le dîmeur passait, il prélevait toutes les bottes horizontales. Tout cela se faisait bien sûr dans la crainte de la pluie ou de l'orage. Une fois le dîmeur passé la récolte pouvait être rentrée et tous ce qui restait sur le champ, paille et épis oubliés, était la propriété de qui voulait les prendre, des pauvres en particulier. Pour les céréales destinées à la nourriture des animaux la moisson, plus grossière, s'effectuait à la faux.
 
L'influence de la religion : Nous avons vu l'emprise de la religion au moment de la naissance mais à cette époque la religion se retrouvait dans toutes les activités y compris agricoles. C'est ainsi que suivant les régions maintes processions étaient organisées tout au long de l'année pour demander la protection du saint local, lui demander la pluie ou le soleil, la chaleur, l'abondance de la récolte. Quelques en soient les conséquences, il eut été sacrilège de travailler le dimanche même si un orage risquait de ruiner la récolte en cours.

Les décès de l'année 1712 à Fosses


Alors que l'année 1709, malgré la rigueur de l'hiver, avait compte 9 décès, l'année 1712 en fait apparaître 17. Que c'est-il donc passé ?
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L'année 1710 commençait avec des stocks de blé quasiment vides, les récoltes des 2 années précédentes ayant été misérables. La récolte de 1710 s'annonce prometteuse et l'espérance renaît. Hélas le 28 juillet un orage de grêle s'abat sur le bassin parisien et ruine la récolte en faisant tomber la majorité des grains. Quand aux parcelles épargnées par la grêle, c'est le vent violent qui accompagnait l'orage qui fit tout autant de dégâts.
L'année 1711 ne fut guère meilleure. En février le froid fut plus rude de que coutume et la neige abondante. Le dégel se produisit le 18 accompagné d'une forte pluie, 130 mm à Paris entraînant la crue de toutes les rivières. (Le 25 février la place Maubert est inondée). En fin d'année, le 10 décembre, une énorme tempête touche la moitié nord de la France, arrachant les toitures, déracinant les arbres et abattant même quelques clochers.
1712 et 1713 sont aussi des années trop arrosées et froides puisque le curé d'Auch (Gers) signale 25 cm de neige le …. 4 juin !
Il résulte de ces conditions climatiques une période de disette et de misère d'où découlent les épidémies.
En août 1711 la typhoïde sévit en Picardie ainsi qu'une maladie pulmonaire non dénommée caractérisée par de la fièvre, de la toux avec crachement de sang puis la mort assez rapide. On trouve aussi des dysenteries, et tout cela continue au long de l'année 1712. Les mendiants qui errent de ville en ville sont accusés de propager la maladie et des mesures sont prises à leur égard.
Les hommes ne sont pas les seuls à souffrire des maladies ; le bétail paye aussi son tribut et nombre d'animaux meurent, surtout les bœufs atteints par une épizootie de peste bovine qui touche l'Europe y compris l'Angleterre.

Sources : Les années de misère Marcel Larchiver, Fayard
Sire votre chirurgien, Gérard Kufferath, Rouff
Histoire des françaises Alain Decaux